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Responsabilité & sécurité

Baignade et noyade : jusqu’où va la responsabilité du maire cet été ?

CPCorentin Poilbout·24 juillet 2026·Mis à jour le 25 juillet 2026·≈ 2 min de lecture

Plans d’eau communaux, plages, baignades non surveillées : chaque été, un drame peut engager la responsabilité de la commune — et, personnellement, celle du maire. Où passe la ligne ?

L’été ramène son lot de baignades — et, parfois, de drames. Derrière l’émotion, une question juridique précise se pose à la commune : celle de sa responsabilité, et de celle de son maire, au titre de la police des baignades. Comme pour la sécheresse, le risque ne naît pas le jour du drame, mais bien avant, dans la préparation.

Une police spéciale confiée au maire

L’article L. 2213-23 du code général des collectivités territoriales confie au maire la police des baignades et des activités nautiques pratiquées à partir du rivage, jusqu’à une limite de trois cents mètres. À ce titre, il délimite les zones surveillées, fixe les règles, informe le public et signale les dangers. C’est une police spéciale et obligatoire, qui ne se résume pas à l’installation d’un poste de secours en juillet.

Baignade aménagée ou non : deux régimes, un même piège

Une baignade dite « aménagée » — matérialisée, habituellement fréquentée, présentée comme un lieu de baignade — impose une obligation renforcée de surveillance et de sécurité. Une baignade « non aménagée » n’impose pas de surveillance, mais impose de signaler le danger et, si nécessaire, de l’interdire. Le piège est connu : un plan d’eau communal que la commune laisse fréquenter sans l’aménager ni le signaler cumule le pire des deux régimes.

Le risque pénal du maire

En cas de noyade, la responsabilité pénale du maire peut être recherchée pour homicide involontaire (article 221-6 du code pénal), dès lors qu’est établie une faute caractérisée : absence de signalisation d’un danger connu, défaut d’interdiction d’une baignade manifestement dangereuse, carence dans la surveillance d’une baignade aménagée. En parallèle, la responsabilité administrative de la commune indemnise la victime ou ses ayants droit.

Ce que le maire doit faire avant l’été

Recenser les points d’eau et plages du territoire ; qualifier chaque site (aménagé ou non) ; matérialiser la signalisation — panneaux, drapeaux, interdictions ; organiser la surveillance là où elle s’impose ; et documenter l’ensemble. Un arrêté clair et une signalisation à jour valent toujours mieux qu’une explication fournie, après le drame, devant le juge.

Le cabinet Bouilland Poilbout Avocats accompagne les collectivités bretonnes dans la sécurisation de leurs pouvoirs de police et la défense de leurs élus.

Références : article L. 2213-23 du code général des collectivités territoriales ; article 221-6 du code pénal.

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Corentin Poilbout, avocat associé
Avocat associé

Corentin Poilbout

Pénal des affaires publiques et probité. Élu local depuis 2014, il défend élus, agents et collectivités face au risque pénal.

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